
(Les textes et photos qui suivent sont tirés du carnet de voyage de Marion)
Dimanche 9 décembre 2018. étape 1.
Hérépian / Pouzols Minervois, 64,6 kms, 4h23, 675 m D+
On démarre avec le vent dans le dos, c’est parfait pour monter Pétafi !
Dicton du jour : ” Il vaut mieux avoir le vent dans le dos, surtout quand Thierry se mouche dans ses doigts et que je suis dans sa roue ! “.
Villespassan : Indiquer aux proprios de la dernière villa sur la gauche que leur grillage est à raccommoder. Leur chien-loup s’est échappé !!! P….. de berger allemand.
Bienvenu dans le Minervois, “Le millésime du vent” dixit l’annonce sur le panneau du Pays Haut Languedoc & Vignobles.

Nuit au domaine de Crèva-Tinas à Pouzols Minervois, repas chez et avec Anne, son voyage à vélo en Patagonie, sa vie d’avant à Aussois, son veuvage, ses enfants partis et quid de cette demeure viticole avec en plus un gouvernement Macron?
Un gilet jaune du grand Narbonnais… très belle rencontre !
Des joies simples, prendre une douche et ensuite enfiler des chaussettes trop douces et trop chaudes de Nature & Découverte (placement produit mais qui ne rapporte rien !), partie de Scrabble (j’ai gagné!). Depuis combien d’années n’avais-je pas ouvert cette boîte? En tout cas, c’est bien cool des jeux de société en chambres d’hôtes, je note !
Lundi 10 décembre 2018. Étape 2.
Pouzols Minervois / Fitou, 68,4 kms, 4h26, 651 m D+
Démarrage un peu costaud en sortant de chez Anne (250m à 10% ndlr) ; cependant, ne pas trop forcer pour bien garder son petit déjeuner 🙂

Effectivement, Anne nous avait prévenus, rien de très palpitant jusqu’à Boutenac. Un jardin d’artiste avec des sculptures en fer de récup, très chouette…

… puis la traversée des Corbières. Le plus beau est entre Montséret et Fitou (Thierry dit entre Saint Jean de Barrou et Feuilla). Du sauvage et de l’olivier, un peu de vent mais surtout dans le dos. Et la bonne surprise du jour, pas trop mal au cul, COOL !


Arrivés au French Tiley Cocoon, on dirait qu’on dort dans une roulotte, face à l’étang de Leucate… c’est cocoon !
Le soir, on dîne au routier, un grand moment. Saucisse catalane et pommes de terre sautées avec un quatre quart breton caramel beurre salé, glace vanille et chantilly. Avec ça, “un petit Fitou, ce n’est pas une bouteille, c’est un peu moins cher et puis il y manque un cépage mais c’est bon quand même”. À coté, une grande tablée de routiers en colère contre les gilets jaunes (discussion très intéressante avec beaucoup d’échanges sociaux).
Mardi 11 décembre 2018. Étape 3.
Fitou / Collioure, 75,7 kms, 4h59, 298 m D+
Mais que s’est-il passé?
Bon, 15 de moyenne, dixit Thierry, pas mal du tout. Étape soi disant simple, mais on a trouvé le moyen de merder… La véloroute 8 n’est pas toujours bien indiquée et parfois on tourne en rond !
Dès le départ, merdage à Fitou où l’on a essayé d’esquiver la départementale (que tout le monde ici appelle la “Nationale”), promesse d’angoisse. Donc on a pris un chemin de plus en plus caillouteux pour finalement reprendre cette fameuse départementale jusqu’à Leucate. Finalement pas si terrible cette route (même si le retour dit le contraire), pas la peine de se mettre une telle pression ! La traversée de Leucate village est plutôt jolie (au retour, penser à prendre la fougasse aux olives à la boulangerie).


Arrivée à la “Chambre de Salomé” à 16h37, après ma petite fierté du jour : La dernière montée pour Collioure à 12km/h ! Ce qui est rassurant pour demain, puisque nous allons attaquer les choses sérieuses.
Les petits bonheur du jour :
-Pédaler sur la voie 8, la véloroute méditerranée, avec du soleil, sans vent, un revêtement nickel et vue sur le Canigou enneigé (Marion).
– “C’est maintenant, je pense” me dit Thierry, alors que nous dînons à la Frégate, une soupe de poisson avec des croûtons à la rouille… Hummm…
Mercredi 12 décembre 2018. Étape 4.
Collioure / Cadaquès, 62,5 kms, 4h19, 1376 m D+
On l’a fait ! (ça , c’est le p’tit bonheur du jour, à l’unanimité).
Super petit déjeuner à la chambre de Salomé sur fond de discussion politique que l’on essaie d’esquiver (gilets jaunes for ever). Départ pas trop tard pour cette sacrée étape… et finalement on commence par une crevaison (la mienne cette fois). Démarrons par les emmerdes, le reste sera peinard mais intense.


Cerbère, on a trouvé le bel hôtel Belvédère de Cathie et Fredo. Superbe !
Quand ça monte pas, ça descend et quand ça descend pas, ça monte.

Au poste frontière, mon petit plaisir c’est de nous faire photographier par la gendarmerie en arme (peut-être eux aussi auront un truc à raconter ce soir dans leur famille :-))). Le contraste est assez drôle, il ne sait pas quoi faire de son Famas pour pouvoir empoigner mon appareil.

Et puis toujours ces montagnes russes, j’ai arrêté de compter les cols, j’en ai marre.
Victoire et joie à l’arrivée ! Hôtel Résidencia, ambiance kitch Dali un peu folle.
Sur les bons conseils de Vlad (représentant Santor), on va chez Anita, La Casa Anita. Quand on est passé vers 18h00 voir si on pouvait réserver, Mami Anita nous a ouvert les portes de son frigo pour nous montrer la pêche du jour. Le soir venu, nous sommes seuls et toute l’équipe aux petits soins nous assure une soirée de sketches à la Almodovar dans une auberge espagnole, avec une porte coincée qu’un neveu vient réparer, applaudi par toute la famille et que chacun manipule subrepticement avec un petit sourire satisfait.
Chez Anita : Cuisine catalane et spectacle!
Le patron hâbleur nous conseille une autre route pour le retour, 12 kms de plus dans la montagne (Il ne connaît pas Marion), une balade qu’il aime faire à moto…
Le stress de Thierry qui n’avait aucune idée (ni moi d’ailleurs) de l’ordre de prix de notre repas, et pour cause, un tableau avec “Paella 115, tortilla 60, lotte 150”, est-ce le prix ? Finalement, le vin blanc nous aide à lâcher prise et la note ne sera pas plus salée que les anchois !
Les anchois, frais sur une tartine de tomate chaude avec du fromage, un bonheur. La lotte ultra-fraîche (un peu trop cuite, dommage et des frites maison, en dessert des croûtons à l’huile d’olive avec une ganache de chocolat noir et fleur de sel accompagné d’un nougat glacé.

Bien conseillés par notre charmante hôtesse d’accueil, nous voici au Brown Sugar, sirotant une Pina Colada et un mojito (trop bon). On se dit qu’on n’aurait jamais imaginé notre petite blonde dans ce genre de lieu (ben oui, c’est débile). Rudy met une bonne demi-heure pour allumer toutes les bougies qui elles seules éclairent cette cave, avant de nous préparer nos cocktails. La playlist est au top, “the place to be”, à retrouver “pump it up” façon jazz manouche
Jeudi 13 décembre 2018.
Journée de repos.
Les vélos aussi se reposent sous l’escalier de La Residencia. Après le petit déjeuner, balade dans les rues de Cadaquès et visite de l’église. L’autel, c’est du jamais vu, surréaliste !!! Du délire. Le bedeau nous attrape pour nous faire remarquer la lumière sur la couronne de la vierge à l’autre bout de la nef.




Visite de la maison de Dali à Port Lligat. Et vive les saisons creuses puisqu’on ne se marche pas dessus pour la visite. Bon, la guide est peut-être en dépression, dommage ! La maison est dingue, les volumes superbes, l’atelier grandiose, le jardin magique… Et le cadre !

Après cette journée de repos, on est morts de… fatigue !
Et le temps de demain ne s’annonce pas top, pas drôle. Oublions un peu et pensons à ce soir, dîner à Compartir et comme dirait Thierry ” Si on vient à Cadaquès sans y aller, c’est franchement con de partir” (sans commentaire, ndlr). Compartir, c’est le mariage des tapas et de la gastronomie, des petits anchois avec une émulsion d’amandes, miel, huile de truffe et pignons, des rougets cuits à la perfection avec une crème d’avocat et couscous de maïs, une cassolette de morue avec des champignons, des bonbons liquides chocolat et sorbet cassis et enfin un cheesecake sorbet framboise. Pour digérer, pluie et vent en sortant du restaurant ! Oh putain, la mierda pour demain.
Les petits bonheur du jour : Déambuler, se perdre et se retrouver dans les rues de Cadaquès (Marion), la journée de repos (Thierry).
Vendredi 14 décembre 2018. Étape 5.
Cadaquès / Collioure, 62,9 km, 4h27, 1421 m D+
Réveil… pas de pluie ! Hourra ! Bon, du vent, et pleine face.
On démarre avec 5 kilomètres de montée mais finalement les montagnes nous protègent du vent et en descente, le vent nous ralenti.
Il y a des figuiers de barbarie partout ! On ne va pas repartir d’ici sans croquer dans une de ces figues que je sais comestible. Je profite d’une avance incongrue pour me jeter sur le bas coté avant le col, cueillir deux de ces figues que nous dégusterons ce soir. Je ne comprend pas toutes ces figues à terre que les gens abandonnent “c’est n’importe quoi !”. Me voilà avec deux belles figues dans les mains quand une légère sensation de multi-picotements m’irrite les doigts : Des dizaines de fines épines ont traversé les gants ! De rage, je lâche les figues sur le bord de la route (tiens tiens…). Résultat, gants inutilisables et grosse soirée épilation en perspective.
On sent qu’on se rapproche de la France avec les voitures qui nous dépassent beaucoup trop près. Je réussi à rattraper une nana pour l’engueuler gentiment, bien sûr, “ah bah bah bah, j’ai ralenti”.

Ce soir, c’est illumination sur Collioure, vin chaud sur la plage face au château où l’on a droit à des illuminations sur le thème de la peinture, du fauvisme au surréalisme, de Braque à Dali en passant par Picasso. Magnifique ! Des échoppes d’artisans sont ouvertes, les commerçants sont très accueillants, la fanfare et l’ambiance au top.
Ce soir, c’est pizza Al Cantou et une bonne bouteille de Collioure (Léon) à la chambre de Salomé.
Les petits bonheur du jour : Le vin chaud et les illuminations (Marion), la fanfare en attendant les pizzas et avoir trouvé le cadeau de Ninon (Thierry).
Samedi 15 décembre 2018. Étape 6.
Collioure / Fitou, 70,4 kms, 3h56, 296 m D+
Vitesse moyenne 17,9 km/h. Bon, c’est tout plat sauf la sortie de Collioure, soleil, pas de vent, on est les rois du monde. Le Canigou enneigé sur notre gauche, la méditerranée sur notre droite, ça roule nickel et cette fois, on ne suit pas les sigles vélos qui nous perdent dans toutes les rues commerçantes de toutes les stations balnéaires. On s’économise 5 kms et toujours pas de merguez grillées sur un rond point gilets jaunes…


14h30, arrêt à Port Leucate, “Au cul d’oursin” pour une dégustation d’huîtres accompagnées de Picpoul de Pinet !


Deuxième grosse frayeur de la journée avec un connard d’automobiliste (français) qui me double très rapidement et très très près. Donc doigt levé et tendu (longtemps, on a les armes qu’on a…). Je crois que c’est le “longtemps” qu’il a traduit par “profond” (là, il a raison) et qui a heurté sa virilité.
Il pile, il recule, j’arrive à sa hauteur, retire mes lunettes pour lui causer réglementation et prévention mais la seule phrase qu’il arrive à dire, c’est : “Tu me fais pas de doigt, tu me fais pas de doigt…” en me menaçant de sortir de sa caisse pour me casser la gueule, chose qu’il ne fera pas, peut-être parce que je lui ai dis que j’étais prête, tellement chargée d’adrénaline.
Il y a une vraie différence entre les français et les espagnols quant au partage de la route, et ça n’est pas gagné chez nous ! Va t’il y avoir baston avant la maison ? (Thierry n’est pas chaud…)
Petit bonheur du jour :
6 huîtres (de concert). En attendant le repas, apéro avec un Mas de la Roque, lieu dit “Loubrassa” chez Tiley.
Notre hôte nous a réservé une table à “Lou Courtal des Vidals”. Une institution à Fitou, affaire familiale, c’est quasi complet. Parfois, il paraît que grand-père joue du saxophone, ce soir, il joue plutôt de la béquille. Le papa vient saluer tout le monde, très convivial et les trois frères ont chacun leur place, cuisine, service et viticulture.
Nous goûtons le Maccabeu sur nos petits gris cuits au feu de ceps de vigne, accompagnés d’un bon aïoli, un régal ! Ensuite, un saumon au pesto et buffet de desserts. Bien mangé, bien bu, et partis avant d’emplafonner (décidément !) Louro qui martyrisait son fils Camillo. Un jour, tu auras la force de lui foutre sur la gueule à ton père à moitié (complètement ?) bourré ! “Même tu sais qui ne pourrait pas être aussi con?”. Tiens, Thierry a dit quelque chose de positif à propos de “tu sais qui”, et là, il s’arrête de pleuvoir ! On appelle ça la “trouée JC”.
Dimanche 16 décembre 2018. Étape 7.
Fitou / Pouzols Minervois, 64 kms, 3h39, 619 m D+
Petit déjeuner toujours aussi délicieux chez Miranda (et même plus). Jus d’orange pressées, kiwi épluché dans un verre à digestif (trop classe !), pain perdu, muffins oeuf/bacon, soufflet au Nutella, tarte salée, charcuteries et fromages, diverses confitures autour de l’agrume, de vrais coqs en pâte ! C’est parfait pour nous donner du courage aujourd’hui puisqu’il nous faut affronter la pluie.
“Vouloir être roi et finir miséreux”, qui a dit ça déjà ?

3h39 ! On a été plus rapide forcement. Transis de froid et dégoulinant, beurk. Repas pris en 5 minutes sous un abribus, Juste envie d’arriver ! Thierry a même un moment eu du mal à me suivre tellement je pédalais vite. Quand même, faire le même trajet, c’est pas mal. Déjà, la vue n’est pas nécessairement la même (et heureusement on en a profité à l’aller), ensuite, nous ne sommes pas obligés de nous arrêter pour vérifier le trajet grâce à un bon sens de l’orientation. Ça permet de ne pas traîner.
Le petit bonheur du jour :
La douche chaude, les vêtements secs et ces grosses chaussettes de Nature & Découverte (et re-placement de produit !).

L’autre réflexion du jour, c’est que dans tout décrassage (le thème de cette semaine de congés), après la phase de rinçage il y a (demain, dernière étape) le séchage !
Ce soir, Anne est avec ses enfants, donc nous partons manger à la pizzeria juste à coté (à 250m). Sauf qu’il pleut tellement que le ruisseau est en crue et nous ne passerons ni à pied ni à vélo. Sans hésiter, Anne nous propose de prendre sa voiture, un détour de 6 kilomètres s’imposant.
Raphaël et Valérie, encore une belle rencontre avec un couple extra. Là encore, une histoire pas banale, celle d’un jeune couple qui lors d’un voyage à moto quitte la Franche-Comté et achète un garage il y a 20 ans. Emprunts, mise aux normes des pompes à essence, complications physiques, réorientation et ce garage devient “Pizza Loregia”. Plus tard viennent quelques tables, puis on couvre la terrasse, on la chauffe, et le tour est joué.

La pizza texane ! 2 steak hachés, oignons, sauce forestière et frites, le tout préparé sur place. Miam Miam !
Quand ils on compris qu’Anne nous a laissé sa voiture pour venir :
– Elle vous a laissé l’AX ?
– Non, le Duster.
– Ahhh…!?
Dimanche 16 décembre 2018. Étape 8.
Pouzols Minervois / Hérépian, 65 kms, 3h54, 823 m D+
Saisis par la nostalgie d’un voyage qui se termine, aucune photo, aucun texte ne viennent illustrer cette étape du retour au bercail.
Vivement l’année prochaine pour une nouvelle randovélo…
