(Un tour en Occitanie)
Privés de Randovélo ( et de Toscane) en 2020 pour cause de Covid, et la situation cette année ne permettant pas d’organiser un voyage au long cours, nous avons décidé d’une jolie boucle en Occitanie, dans les paysages vallonnés du Tarn, de l’Aveyron et du Lot. Avec en prime des étapes chez les copains et la famille. On attend donc avec impatience le départ pour une première étape qui donne le ton : 61 kms et 1018 mètres à grimper (sur le papier), beaucoup de voie verte (facile) et le col du Cabaretou (Aïe!) pour une soirée au bord du lac de la Raviège.
à suivre…

Mardi 9 novembre 2021.
RV3.1 Hérépian – La Salvetat sur Agout
65 kms, 5h20, 1067 m D+.
Le col du Cabaretou en amuse-bouche…

Démarrer cette boucle en Occitanie sous le soleil, par la voie verte PassaPais , sans vent, on n’aurait même pas osé le rêver. Et c’était pourtant ça, un départ de rêve. Jusqu’à Riols, pas de surprise, on est en terrain connu. C’est plat, roulant et ce jour là, pas trop poussiéreux.


Désolé Sophie, on n’a pas poussé jusqu’à Bonnefond, un gros morceau nous attendait!
À partir de Riols, c’est le Col du Cabaretou, qu’on ne connaît ni l’un ni l’autre (« menteur » dira Marion en fin de journée). La route est étroite mais belle, toujours sous le soleil et à une température idéale pour l’effort (tout de même 12 kms et 650 mètres de grimpette d’un bloc). On prend notre repas (fromages, mandarines, financiers, on finit les restes) sur un talus ensoleillé en pleine forêt. Mais faire les derniers kilomètres du Col sur la digestion va révolter nos estomacs.



Après la bifurcation vers Saint-Pons de Thomières, la route est un billard à semi remorque et Marion qui ne digère pas bien son Saint Nectaire craque dans le dernier kilomètre. Elle finit à pied, énervée et déçue. Mais pour quelqu’un qui ne fait pas tant de vélo que ça, je trouve l’exploit honorable et je suis fier d’elle. Quelques kilomètres plus loin, elle a oublié sa rancœur et la fin d’étape sera une formalité.

Sauf qu’à 15 heures à La Salvetat (700 mètres d’altitude), il fait froid (6°C dans la descente à l’ombre, les doigts m’en tombent), les cafés sont tous fermés et la chambre d’hôtes n’accueille qu’à partir de 17 heures. Alors on termine la journée par un petit tour au bord du lac de la Raviège.

Une douche chaude et un moment de repos plus tard, on se retrouve pour un apéritif et un excellent repas en compagnie de nos hôtes et d’autres clients.
Et pour demain ? C’est 55 km et 750 mètres de dénivelé positif, sans St Nectaire…
Mercredi 10 novembre 2021.
RV3.2 La Salvetat sur Agout – La Verdolle
60 kms, 3h34, 706 m D+.
Le Col de Sié, quand c’est gris, c’est gris.

On sait bien que tout voyage à vélo à droit à au moins une journée galère. Là, c’est dès la deuxième journée ! Ce qui ne vaccine pas contre d’autres traquenards… On verra bien ! Après « Les Tables aux Vaches », Son ambiance chaleureuse et une nuit réparatrice, direction La Verdolle pour rejoindre nos amis Christian et Jean-Claude, avec la promesse d’une soirée animée et de beaucoup de sollicitude. Pour le départ, le temps est au gris, et la météo n’annonce rien de bon.


Promesse tenue, dès le lac du Laouzas, la pluie va crescendo. Marion, prudente met ses sur-chaussures et la veste Gore-tex©. Optimiste, j’attends un peu trop finit l’étape trempé sur 4 épaisseurs.
On prend un repas léger (pas deux fois la même erreur ) en 10 minutes chrono au pied du Col de Sié. L’endroit est magnifique, mais on ne s’attarde pas…

Christian se propose pour venir nous chercher, mais on ne craque pas !
Bêtise ? orgueil ?
En haut du Col, c’est l’enfer, et la descente, on n’a pas de mots pour ça! On ne sent plus nos doigts ni nos orteils, les gants et les chaussures sont à tordre. En plus, les camions et les voitures en rajoutent un peu en nous doublant et en nous croisant dans des gerbes d’eau.



Heureusement, à l’arrivée, Christian et Jean-Claude lavent et sèchent toutes nos affaires, le fromage, le saucisson et le vin blanc du goûter font le reste. La soirée se termine autour d’un lapin élevé maison arrosé d’un Châteauneuf-du-Pape aux petits oignons. Les quilles tombent, un peu trop peut-être, ce qui sera confirmé le lendemain au réveil.
Jeudi 11 novembre 2021.
RV3.3 La Verdolle – Le Peyronnenc, 73 kms, 4h34, 1110 m D+.
De la vallée du Tarn à Réquista. La route n’est pas droite
mais la pente est quand même rude!

Après la journée diluvienne d’hier et la soirée un peu trop arrosée aussi, on avait besoin d’un peu de calme et de chance. Côté météo c’est gagné, une fois le petit mal de crâne maîtrisé…

Tout semble facile, les paysages sont beaux, Marion sourit, on a le temps de faire ces 70 kilomètres, on même trouvé une boulangerie ouverte un 11 novembre à Saint Sernin sur Rance. Cette route qui sillonne entre Tarn et Aveyron est un vrai régal.



C’est vrai que sous le soleil, tout est plus facile ! Ça roule tout seul dans la vallée du Tarn (c’est plat!), on trouve un joli coin pour le pique-nique, au bord de la rivière. On prend même le temps d’une petite sieste au bord de l’eau, l’arrivée en chambre d’hôtes n’étant possible qu’à partir de 17 heures (décidément !).


Jusqu’à la bifurcation vers Réquista ! 350 mètres à grimper en moins de 5 km, c’est sûr que ça va faire mal aux jambes et au moral. Et ça n’a pas raté! Marion est arrivé en haut la mine renfrognée et j’avoue que je n’étais pas au top non plus. Et pas un bar d’ouvert à Réquista! Pour commémorer des poilus qui s’envoyaient quelques litres de piquette par jour… Étonnant. On se contente d’un café thermos sur un banc de parc public, en face d’un cinéma qui a l’air aussi fréquenté que celui de Bédarieux.



Entre Réquista et Lédergues, le plateau baigne dans une lumière de fin de journée idéale (d’ailleurs, lumière et journée sont idéales). On rejoint la vallée du Viaure pour une balade touristique, avec l’histoire de la minoterie transformée en château, le Viaduc type Eiffel et la brume montante pour une ambiance singulièrement mystique.

Et le raidillon final vers la chambre d’hôtes aura raison nos dernières forces.

La journée se termine par un apéro animé avec nos hôtes et un repas de recettes locales autour d’une belle tablée. Merci à Valérie et Christian.
Vendredi 12 novembre 2021.
RV3.4 Le Peyronnenq – Le Falgayrenc
54 kms 3h50, 1028 m D+.
Une journée dans les nuages.

On sait que la météo joue un rôle important pour le moral, la pluie le faisant
dangereusement chuter. Autre paramètre à ne pas négliger, les dénivelés. On a donc
inventé la météo des côtes. Aujourd’hui, sur la carte, c’était relativement tranquille.
Jusqu’au petit déjeuner (copieux) où notre hôte nous a parlé du pays aux cent vallées, l’autre nom du Ségala. De ces cent vallées, les locaux on tiré « la Crespignol », un ensemble de montées et descentes particulièrement usant pour les jambes.
Et, oh! hasard incroyable, cette Crespignol était au programme de la journée. Dans le langage imagé des gens du Ségala, enchaîner montées et descentes se dit « creuser ». Alors on a creusé toute la journée…



Et Marion, totalement inspirée par l’expression nous a pondu l’adage du jour : « Dans la vie, il y a ceux qui ont des vélos électriques et ceux qui creusent. Nous, on creuse».
Et comme on aime pas les étapes de moins de 50 kilomètres, on a fait un petit détour en ratant un embranchement. Ça nous a permis de tester une route à grande circulation avec du brouillard. Pas franchement enthousiasmant…





La fin d’étape l’était beaucoup plus, 10 bornes de descente vers la vallée du Lézert, 10 bornes gratuites comme il se dit dans les pelotons !
Et la petite sœur a retrouvé son grand frère. Pour demain, 70 kilomètres jusqu’à Cabrerets. Avant une journée de repos, comme les pros !

Samedi 13 novembre 2021.
RV3.5 Le Falgayrenc – Cabrerets – 70 km, 3h40, 535 m D+.
À saute vallées…

Partis du Falgayrenc vers 9h30, on a rejoint la vallée de l’Aveyron à Villefranche de Rouergue, et celle du Lot à Cajarc pour finir dans celle du Célé à Sauliac. Une journée tracée d’avance, une route connue, sans surprise, une météo des côtes au beau fixe, une météo du ciel au gris fixe. On a quand même réussi à se tromper, trop sûrs de nous ou bien les effets de la fatigue.

Bref, il a fait bien gris, la route était fréquentée et on avait du
temps. Petite frayeur en arrivant sur Cajarc. Le pont qui traverse le Lot est en métal,
mouillé par la pluie à notre passage. Du coup, la remorque voulait absolument passer
devant le vélo. D’où une séance de patinage pas artistique du tout. Et c’est en me
retournant à la sortie du pont que j’ai vu le panneau demandant aux cyclistes de mettre pied à terre… Ils auraient pu mettre le même de l’autre côté, non ?!?

Après un repas humide pris dans la vallée du Lot, et un dernier grimpadou pour arriver sur le causse, on se retrouve au pays des brebis, des murets de pierre et des buis.




Le but du voyage (pas la fin, Marion, pas la fin 😥 ) est proche et après un coucou à Alain et Marie-Odile, on se laisse glisser vers une journée de repos à Cabrerets, chez Servane et Matthieu.

Dimanche 14 novembre 2021. Repos.
(En) fumer n’est pas forcément mauvais pour la santé.
La journée de repos commence… par du repos, un réveil qui ne sonne pas et un petit déjeuner conséquent. Bien sûr, les filles font semblant de sauter de la falaise pour faire peur aux garçons… qui poussent des cris !

Et en fin d’après midi, un imprévu comme on les adore. Matthieu doit poser une isolation hivernale pour sa ruche et me propose de l’assister. Grâce à ses copains Éric (ou Jean?!?!) et Sophie, je suis bien équipé pour aller enquiquiner les butineuses. Mon rôle, enfumer la ruche pour calmer les 20 000 locataires. Mais pas trop quand même!



Pour le démontage, les abeilles sont relativement calmes, juste une petite centaine nous tourne autour tentent de passer sous nos protections. Pour le remontage, les abeilles sont sur leur garde. Ça bourdonne de tous les côtés et il faut juste garder son calme et éviter de partir en courant. Juste faire confiance. Le monde de l’apiculture est passionnant.
Lundi 15 novembre 2021.
RV3.6 Cabrerets – Cordes sur Ciel
74 km, 4h40, 775 m D+.
Septième ciel, avant le purgatoire !

Départ dans le brouillard pour la première étape du retour. Passé la vallée du Lot et la montée sur le causse de Limogne, on retrouve le soleil et les lunettes qui vont avec.


Pas grand chose à dire sur le reste du trajet, dans une campagne désertique, à part les vaches et les facteurs. Le soleil ne nous aura pas accompagné bien longtemps, mais bon! Pas de pluie, c’est déjà énorme.


Repas pris au bord du Lot, face aux revendications féministes. Bon appétit !
Le GPS qui nous avait lâché sous les trombes d’eau de la deuxième étape a fini par sécher et reprend du service. C’est assez pratique.

Arrivée à Cordes suffisamment tôt pour poser les vélos à la chambre d’hôtes et faire une visite de la ville avant la tombée de la nuit.


Même si la météo n’était pas de la partie, Cordes reste un beau village du Tarn.



On a décidé d’aller dîner à « La Planche de Bacchus », le bar à vins tenu par nos hôtes, Christophe et Virginie. Après 73 kms, on choisit le foie gras, houmous betterave et caviar d’aubergine, planche raclette et planche parmentier.


Après un petit apéro évidemment… Au cours du repas, Marion qui se demande si elle ne connaît pas notre hôtesse, finit par poser la question à Christophe, son mari. Et Bingo ! Voilà comment on retrouve une ancienne copine de collège, 33 ans après. La tête de Christophe…Fin de soirée, on se raconte le bon vieux temps et il faut aller se coucher parce que demain, fini de rire !
Mardi 16 novembre 2021.
RV3.7 Cordes sur Ciel – Ferrières
86 km, 5h49, 1403 m D+.
86 kilomètres, oh P…!

Aujourd’hui, on s’attaque à l’étape qui fait peur à Marion. C’est long, ça grimpe beaucoup et la météo n’est pas au mieux de sa forme. On commence donc par un petit déjeuner copieux, pas question de tomber en panne de calories au milieu de nulle part. On déjeune dans notre chambre, ce qui n’est pas terrible pour faire des rencontres, mais bon, Covid oblige! Là, on se rend compte que les normes sanitaires sont à géométrie variable.

Partis de Cordes vers 9h30, on traverse des villages de l’Albigeois à la restauration soignée. Puis le vignoble de Gaillac nous regarde passer. Avec toutes ces couleurs, c’est vraiment dommage que la météo n’y soit pas !



On fait peu de rencontres sur la route et dans les villages, quelques chats et chien et des habitants peu enclins à entamer la conversation. Le temps gris et froid et surtout la crise sanitaire laissent des traces ! Grosse montée vers Montredon Labessonié, c’est THE difficulté de la journée sur une route qui semble surtout fréquentée par des camions. Mais nos amis routiers sont… sympas, ils doublent large.


Quelques curiosités géologiques et quelques montées plus tard, c’est l’arrivée au Moulin. À peine le repas pris (en chambre pour cause de COVID) qu’on s’endort à moitié sur le canapé. Ça promet pour demain.

Mercredi 17 novembre 2021.
RV3.8 Ferrières – Hérépian, 82 km, 4h45, 1025 m D+.
Le final !

Au réveil, c’est encore pluie et brouillard et on a du mal à croire ce que dit Monsieur Météo, qu’il fait beau dans la vallée de l’Orb.



Ça commence raide pour rejoindre Brassac, ça sera plus tranquille après, jusqu’à la montée du Col de Fondfroide (972 mètres). Et c’est toujours aussi beau et humide.Au barrage de La Raviège, EDF fait sa pub et un peu de greenwashing en oubliant qu’une vallée a été noyée au passage.




À la pause déjeuner, un couple d’anciens cyclotouristes nous propose une soupe et quelques minutes au chaud. On décline, on a encore 50 bornes à faire dont la montée du Col. Ils nous apprennent qu’il viennent de St Pons et qu’effectivement au sud, c’est le grand soleil. Ça nous réconforte et c’est reparti. À La Salvetat, les cafetiers sont inégalement accueillants. Merci à La Pergola, l’autre se reconnaîtra…



À partir du Col de Fondfroide, la tramontane souffle fort et rend la descente délicate, ensoleillée mais délicate. Quant à la voie verte qui nous ramène à la maison… on lui en veut un peu que ce soit déjà la fin!
Épilogue, à tête reposée…
Une randovélo vers le nord, au mois de novembre n’est pas l’idée la plus lumineuse qui nous soit passé par la cervelle ! Mais on a composé nos vacances en pleine crise Covid, alors…
…Alors, la Toscane qui était prévue en 2020 se fera en 2022 (là, on croise quand même un peu les doigts !). D’ailleurs Marion s’est mise à l’italien, il vaut mieux savoir ce qu’on met dans nos pâtes (clin d’œil à la Corse).
On retiendra de cette boucle en Occitanie qu’il n’est pas inutile de faire réviser sa monture avant le départ (finir avec un dérailleur qui déraille quand il veut, c’est moyen) que les étapes les plus longues ne sont pas forcément les plus dures et que la pluie finit toujours par passer…
